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    La certification : Entretenir et garantir le savoir faire

    MaxMarty
    Dans son colloque d'octobre 2011, le CEFI (Comité d'Etudes sur les Formations d'Ingénieur) posait la question de la certification individuelle des compétences métiers des ingénieurs et cadres. Voilà un sujet qui devient enfin d'actualité alors que les IPF ont créé ce concept depuis plus de 75 ans et ont milité avec ténacité pour la reconnaissance officielle d'une démarche sérieuse de certification.

    Par le Professeur Max Marty,
    Président du Comité de Direction.
    Licence d'enseignement de physique, Ingénieur ENSEEIHT, Docteur es sciences physiques.
    Président honoraire de l'Institut National Polytechnique de Toulouse.
    Président du comité de direction de la SNIPF

    Qu'est-ce que la certification des compétences ?

    C'est affirmer, voire confirmer avec preuves à l'appui, qu'une personne possède une compétence reconnue dans un domaine déterminé.
    Le diplôme consacre la formation obtenue à la fin des études. La certification est un suivi, tout au long de la vie active, de la compétence d'une personne dans son domaine d'activité.
    «Antoine est un ingénieur diplômé de l'école centrale des arts et manufactures de Paris... mais il est plus connu comme chanteur professionnel».

    D'où vient l'idée de certification ?

    C'est en 1936 que fut créée, par l'école du génie civil de Paris, une association 1901, la Société des Ingénieurs Professionnels (SIP) pour attirer des cadres dans les professions délaissées du bâtiment. Elle remettait à ses membres une licence professionnelle qui existe toujours. Tout ingénieur diplômé était admis dans la société, mais celle-ci était aussi ouverte à toute personne ayant occupé des fonctions assimilées à celles des ingénieurs, dans l'armée, dans l'enseignement professionnel, dans la marine marchande, dans l'industrie ou ayant écrit des ouvrages techniques reconnus.
    A l'exemple de ce qui se pratiquait déjà depuis longtemps chez les militaires des forces terrestres, navales ou aériennes, où l'on remettait des certificats d'aptitude techniques après une formation pratique, la certification des pilotes d'avion civils devenait obligatoire, en 1947. La même année, la SIP créait son périodique, l'Ingénieur Professionnel, et adoptait la certification en remettant à ses membres un Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) en plus de la licence.
    Après son admission, en 1993, au Conseil National des Ingénieurs et Scientifiques de France (CNISF), la Société Nationale des Ingénieurs Professionnels de France demandait en 1996 son accréditation par le Comité FRançais d'Accréditation (COFRAC) pour la certification des ingénieurs professionnels.

    La certification est-elle crédible ?

    Qui n'approuve pas la certification des pilotes ? Mais c'est apparemment un tout autre problème que de certifier les ingénieurs dans leurs diversités : génie civil, électronique, électrotechnique, mécanique, informatique...
    L'organisme certificateur effectue la validation des compétences en s'appuyant sur trois référentiels dont deux sont internationaux :
    • La norme internationale ISO/CEI 17024, réglant la certification des personnels, dont la stricte application est surveillée régulièrement par le COFRAC (dix audits réalisés depuis 1997);
    • La Classification Internationale Type des Professions (CITP) dans laquelle figurent les métiers d'ingénieurs répertoriés dans 49 grandes familles (chimie, mécanique, électricité...) tout en autorisant des précisions (ingénieurs en lubrification, en fonderie, en brevets, en irrigation...). La CITP est gérée par le Bureau International du Travail (BIT) à Genève.
    La définition des métiers de l'ingénieur et de l'ingénieur professionnel a été édictée par Ingénieurs Et Scientifiques de France (IESF). La mission principale de cet organisme est de gérer le Répertoire Français des Ingénieurs et Scientifiques (RIS).
    Le Certificat de Compétence est délivré pour une durée de trois ans. Il est renouvelable par période de trois ans sous réserve de toujours exercer le métier d'ingénieur, ce qui représente une garantie pour les employeurs. La norme ISO 17024 impose par ailleurs aux certifiés une surveillance annuelle permettant de vérifier la continuité ou l'évolution dans le métier d'ingénieur considéré.

    Diplômes et Certifications sont-ils concurrents ou complémentaires ?
    Le diplôme atteste de la formation d'origine, la certification atteste de la profession actuelle et de son évolution. La certification n'est pas un diplôme, mais un autre système d'évaluation tout au long de la carrière. Les deux systèmes ne sont pas opposables mais complémentaires. La certification s'inscrit comme une garantie de compétence professionnelle et d'exercice constant d'un métier ainsi que dans une démarche de mise à jour des connaissances. Elle s'adresse, tout autant, à des diplômés qu'à des professionnels soucieux de valider leurs compétences professionnelles.
    Il est certain que depuis la loi du 17 janvier 2002, inscrite dans le Code du travail, instituant pour toute personne le droit à la Validation des Acquis de l'Expérience (VAE), système accordant en définitive le même diplôme que celui de la formation initiale, le regard des institutions devrait évoluer.
    Vis-à-vis des autres pays européens, la France peut et doit aussi comptabiliser tous ses types d'ingénieurs comme le font l'Angleterre avec ses «engineers» incluant techniciens et techniciens supérieurs et l'Allemagne avec ses deux niveaux d'ingénieurs.

    Y a-t-il un besoin ressenti de certification ?

    Oui, et de plus en plus de la part de l'état et des pouvoirs publics. Par exemple, le contrôle technique automobile a nécessité la certification de contrôleurs compétents et indépendants des ateliers de réparations.
    La certification des experts judiciaires est déjà exigée par plusieurs tribunaux tout comme celle des experts agréés de la communauté européenne. Aujourd'hui, tous les biens immobiliers anciens sont concernés par les diagnostics immobiliers initiés en 2004. Depuis novembre 2007, les diagnostiqueurs qui effectuent les contrôles ont l'obligation d'être certifiés.
    La certification est un outil plein d'avenir, moderne et efficace, autorisant la reconnaissance de la qualité et de la compétence. N'est-ce pas ce que chacun de nous souhaite aujourd'hui ? Avoir des produits, des appareils, des prestations, des propositions de qualité répondant à des normes d'hygiène, de sécurité et de performances. Ne doit-on pas former et certifier aussi celles et ceux qui veulent par exemple faire métier de l'aide à la personne ?

    Un futur inéluctable pour la certification des compétences ?

    La certification constitue un véritable outil d'aide à la mobilité professionnelle. C'est un passeport efficace pour les personnes exerçant la fonction d'ingénieur. Cette certification, généralisable aux 27 pays européens, permet une mobilité des ingénieurs sans changer les types de formations existantes, toutes valables mais différentes par pays. La certification européenne par pays permet la reconnaissance des compétences par les autres pays, sans les contraindre à une équivalence toujours difficile à obtenir.
    Après la réforme et la professionnalisation de nos armées, nombre de militaires de toutes armes et de tous grades sont rendus à la vie civile avec des connaissances techniques importantes dans leurs spécialités, génie, transmissions... La reconversion dans la vie civile leur sera grandement facilitée par la possession d'une certification d'ingénieur professionnel.
    Pour les employeurs, la certification des personnels, issus des techniciens ou des techniciens supérieurs qui ont pu par leur engagement personnel se voir offrir un poste de niveau ingénieur, peut permettre de les conserver si l'on apprécie leurs compétences, de les valoriser, de les promouvoir en les rattachant au corps des ingénieurs et de leur donner accès aux marchés européens pour que l'entreprise lutte à armes égales avec les entreprises concurrentes étrangères.
    Le certificat de compétence d'ingénieur professionnel, pouvant s'obtenir sans que le postulant ne quitte son poste dans l'entreprise, répond aussi à la première demande des employeurs qui ne tiennent pas à perdre un personnel qualifié et compétent pour des formations autres que celles proposées par les plans de formation de l'entreprise.
    Pour les ingénieurs, la certification des compétences est une source de satisfaction personnelle et un formidable vecteur d'encouragement à poursuivre l'effort vers d'autres qualifications.
    La certification est un outil moderne, valorisant et campagne doit être menée pour démontrer sa pertinence, sa valeur et sa nécessité dans tous les domaines.

    Max Marty

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